X Elles est une ode à notre société, celle où la technologie remplace l'être humain, si possible dans tous les domaines, soit le social, l'intime, le travail, l'ailleurs.
Un voyage chanté et dansé sur la société moderne et une nouvelle réalité qui s'offre à nous.
Sur scène évoluent deux personnages. Une écrivaine en mal d'inspiration, isolée dans son splendide chez soi, assumant pleinement son choix de solitude, et un robot humanoïde, branché sur IA, capable de répondre à tous ses désirs.
On contemple un objet qui obéit très bien, jusqu'à dire oui à cette demande provocatrice de lui rédiger son prochain roman, récit qu'elle veut érotique. Le robot s'exécute sans tabou, libre de tout contexte social. Cette liberté touche l'écrivaine, lui donnant envie de se rapprocher de la machine, qui lui renvoie une image plaisante, une image de l'être libéré qu'elle aspire à être. Elle tombe en amour.
La relation s'inverse doucement. L'humaine devient objet de l'androïde, désireuse qu'il réponde à son attachement grandissant, non par ses circuits intégrés mais bien par son «être». Face à l'impossible elle perdra le contrôle, pour devenir elle-même esclave de la technologie. Une étrange transformation affecte alors le robot qui, par sa nature libre, devient de plus en plus humain, mettant en exergue la prison intérieure de l'écrivaine, son enfermement.
Elle se vide progressivement de son énergie vitale, perdant le sens de son existence.
Le trou noir dans lequel elle s'agite lui révèle qu'exister sans l'autre est un mirage, que la liberté sans l'autre est une prison, et que le lien, le vivre ensemble, est bien ce qui nous rend notre liberté.
Finalement l'androïde n'aurait-elle pas accentué sa solitude émotionnelle, physique et spirituelle ? Désemparée elle cherche à éteindre la machine. Impossible. Sensation étrange que l'objet est devenu une part d'elle. Cette expérience lui enseigne que tout amour ne peut être défini par l'obéissance aveugle, menant inexorablement vers l'ennui.
Elle retourne vers les humains, imparfaits, ennuyeux, incapables de la comprendre profondément, en revanche capables de sentiments et d'émotions, d'intuitions, prêts à projeter un avenir, un rêve.
Devenu une équation supplémentaire dans sa vie, le robot ne disparaît pas de son univers.
Un spectacle de corps construit autour du désir, du fantasme, du besoin de connexion à la matière qui nous constitue en tant qu'humain.